DANSE MACABRE - ©QUENTIN CAFFIER /// EVER MAGAZINE 2010

 

Lorsque j’ai découvert le travail du sculpteur Néo-Calédonien Jim Skull, j’y ai vu une manière de revisiter les problématiques tribales, notamment par le biais du totem. Ce thème avait déjà été évoqué lors de mon mémoire de fin d’étude, où je suivais les traces de Desirée Dolron (« Exhaltation ») en photographiant des performances corporelles inspirées des rites de passages africains et amérindiens(le mouvement des « modern primitives »).

 

Guidé par l’ouvrage de George Bataille, Les Larmes d’Eros, j’ai eu l’idée de mettre en scène la dualité Thanatos/Eros. J’ai donc mis en scène une danse entre les sculptures de Jim, représentant  la pulsion de mort, et les trois mannequins symbolisant la pulsion de vie.

Visuellement, j’ai cherché à créer une atmosphère magique et hallucinée, à la fois onirique et charnelle.

 

Les 21 images de la série ont ensuite été montées en diaporama, avec une musique de Freon qui réinterprète de manière moderne les sonorités tribales.

Cette série est la première d’un cycle de production (photo et vidéo), donnant lieu à des collaborations avec des artistes plasticiens. Cette démarche témoigne d’une volonté de briser les barrières séparant le monde de la mode et celui de l’art contemporain, le studio photographique étant le lieu idéal de leur rencontre. Les sculptures y deviennent les personnages d’une série de mode, tandis que les danseuses font de leurs corps des œuvres d’art.

 

Ce carambolage entre mode et art contemporain se retrouve de manière générale dans mon travail, et je m’efforce de renforcer cette démarche qui, bien que déstabilisante, me semble symptomatique d’une recherche esthétique globale, mise au service d’un message parfois anxiogène mais profondément optimiste.

 

Texte : Quentin Caffier